Je remarque une tendance de plus en plus répandue : certains parlent de souveraineté comme d'autres parlent d'astrologie.
Pour eux, tout est affaire de symboles. Un drapeau sur un maillot ? Perte de souveraineté. Une entreprise étrangère qui investit ? Perte de souveraineté. Une coopération internationale ? Perte de souveraineté. Une langue étrangère utilisée dans une conférence ? Perte de souveraineté.
À les écouter, la souveraineté serait une question d'émotions, de postures et de déclarations grandiloquentes. Pourtant, l'histoire montre exactement l'inverse. Les nations souveraines ne passent pas leur temps à crier qu'elles le sont. Elles le démontrent.
Les États-Unis, la Chine, l'Allemagne, le Japon ou la Corée du Sud ne sont pas puissants parce qu'ils ont les meilleurs slogans. Ils sont puissants parce qu'ils produisent, innovent, financent, exportent, influencent et imposent leurs standards au reste du monde.
La souveraineté n'est pas le fait de s'indigner sur les réseaux sociaux à propos d'un symbole. La souveraineté, c'est être capable de fabriquer ce dont on a besoin, de financer son développement, de maîtriser ses infrastructures stratégiques et de créer suffisamment de richesse pour que les autres aient besoin de vous.
Beaucoup confondent malheureusement souveraineté et susceptibilité nationale. Ils voient des humiliations partout, des complots partout, sauf là où se trouve le véritable problème : notre déficit de productivité, de technologie, d'industrialisation, de recherche scientifique et de création de valeur.
Il est plus facile de s'offusquer d'un drapeau sur un maillot que de créer une entreprise compétitive. Il est plus facile de dénoncer l'Occident que de développer une technologie. Il est plus facile de parler de dignité que de construire de la puissance.
Une nation ne devient pas forte parce qu'elle répète le mot « souveraineté » cent fois par jour. Elle devient forte lorsqu'elle accumule du savoir, du capital, de la technologie, des compétences et de l'influence.